Qu'est-ce qu'une Méthode
Une méthode instrumentale rassemble, dans un ordre logique, les connaissances nécessaires à la pratique d’une discipline musicale. Cette définition révèle déjà une limite : aucune méthode ne peut contenir l’intégralité de la compréhension technique ou théorique dont l’élève aura besoin. Gardez ce principe à l’esprit tout au long de vos études.
Une méthode donne des instructions destinées à produire un résultat durable selon les choix de l’auteur. Elle s’inscrit souvent dans un ensemble d’études graduelles, complétées par des cahiers de perfectionnement indispensables pour élargir vos compétences sur un socle déjà établi.
Idéalement, l’étude d’un instrument devrait être précédée par l’apprentissage du solfège et du chant : l’élève disposerait alors de bases solides et serait habitué à une progression méthodique.
Quelle que soit la méthode, elle n’est que l’index de vos études. Les difficultés croissantes ne sont pas des obstacles : elles sont des manières nouvelles d’aborder un geste ou une idée. Un passage « difficile » n’est jamais difficile en soi ; il est simplement nouveau. Le professeur vous expliquera les raisons des choix de l’auteur et la logique de la progression.
Peu de choses distinguent une méthode d’une partition : la partition n’est qu’un condensé des leçons acquises. Si, en jouant, votre attention se fige sur un passage au point de ralentir votre lecture ou votre jeu, c’est que les étapes de la méthode n’ont pas été respectées. Une partition adaptée à votre niveau doit vous permettre de vous concentrer sur votre jeu, non sur les difficultés qu’elle contient.
La Méthode du Jeune Violoncelliste par L.R. Feuillard (1872–1941)
Parmi les nombreuses méthodes disponibles, la Méthode du Jeune Violoncelliste de Louis‑Raymond Feuillard est immédiatement reconnaissable : son grand format (25 × 32) assure une excellente lisibilité, et sa couverture jaune est devenue emblématique. On retrouve cette couleur dans les cahiers de La Technique du Violoncelle, du même auteur.
L’ouvrage s’ouvre sur une table des matières, une préface et un récapitulatif des abréviations, permettant d’aborder les leçons dans de bonnes conditions — mais toujours avec un professeur pour vous guider.
La Méthode couvre, en 75 pages, l’ensemble du parcours : des cordes à vide de la leçon n° 1 jusqu’au jeu au pouce de la leçon n° 60. Basée sur la tradition de l’École française du violoncelle, elle propose des exercices graduels, chaque leçon se concluant par un petit morceau à deux voix. L’élève peut ainsi jouer avec son professeur des pages de Schumann ou de Bach, ce qui est particulièrement valorisant.
Ici, pas de dessins ludiques ni de mascottes pédagogiques : nous sommes dans la grande musique, dans la sobriété, dans l’essentiel.
Gardez à l’esprit que Feuillard a sa propre logique, présente dans l’ensemble de son œuvre. Bien que progressive, de nombreuses notions restent sous‑entendues, et certaines doivent avoir été abordées en amont avec le professeur.
Leçon n°1 — Exercices 1 à 4 (Exercices sur les cordes de Ut et Sol)
Mesures 1 à 2
La corde de Sol : un point d’équilibre naturel
La première note de la Méthode est jouée sur la corde de Sol, qui constitue un point d’équilibre parfait. Située au centre de l’instrument, elle permet une posture immédiatement correcte. Le corps ne subit aucune torsion, le bras droit se place sans contrainte, et la mise en vibration de la corde est simple, même avec un bras encore trop lourd.
Dès ces premières mesures, l’élève doit apprendre à distinguer deux notions fondamentales : mettre en vibration la corde et écraser la corde. Cette différence conditionne toute la qualité du son.
Mesures 3 à 4 : l’alternance des cordes
À partir de la deuxième ligne, les notes ne se répètent plus : elles alternent entre Sol et Do. C’est là que commence le véritable travail de placement de l’archet. L’élève doit être attentif à tout : la position de l’archet, sa distance par rapport à la touche et au chevalet, l’angle du geste, la pression exercée, la régularité du son et la vitesse de translation.
Il doit également apprendre à préparer la reprise d’archet entre Sol et Ut : sentir la différence de pression nécessaire sur chacune des cordes pour obtenir un rendu sonore homogène.
L’élève doit regarder loin devant lui, et non son archet. Fixer l’archet modifierait la posture et créerait des tensions inutiles. Il doit rechercher le touché entre l’archet et la corde, le ressenti du bras, depuis les doigts jusqu’à l’épaule, dans le geste du tiré‑poussé ; la perception de la position de l’archet entre chevalet et touche ; et l’évaluation de la distance des cordes adjacentes (Ré et Do).
L’objectif est de sentir où l’on joue, non de voir où l’on joue.
L’auteur attaque directement par le jeu, par la musique : la posture ou la position au violoncelle n’est pas abordée. La tenue de l’archet doit aussi être travaillée simultanément. Feuillard ne donne aucune consigne concernant le bras gauche dans ces premiers exercices. Posez simplement la main gauche sur le genou : la forme naturelle de la paume épouse celui‑ci, ce qui évite les tensions, empêche l’élève de chercher la touche, permet de se concentrer exclusivement sur l’archet et stabilise le haut du corps.
L’élève aura appris la signification des chiffres romains sous la portée (Les cordes sont numérotées de la plus aiguë (I) à la plus grave (IV) ), ainsi que les symboles du tiré‑poussé. Il est d’ailleurs souhaitable de commencer à travailler de mémoire, afin de sentir plutôt que surveiller.
Mesures 5 à 6 : les pizz* (prononcez pidzz)
Usage de la main droite en pizzicato et pose des doigts gauches sur la corde dans l’ordre chromatique des notes.
Le professeur devra expliquer ce que sont les pizzicatos ainsi que l'organisation de la main gauche, de la position du pouce sous le manche, jusqu'aux coudes aussi bien le gauche que le droit d'ailleurs.
Il est judicieux de remarquer le demi-ton entre chacun des doigts et de faire un aparté sur les doigts utilisés selon la tonalité (Ton Ton Demi-Ton Ton Ton Ton Demi-Ton) puis de remarquer que, pour jouer du violoncelle, 3 doigts et le pouce suffisent.
La numérotation en chiffre romain est passée de sous la portée à dessus qui est sa juste place.
*Le pizzicato (mot italien qui signifie « pincé ») est une technique musicale qui consiste à pincer les cordes d'un instrument à cordes frottées (comme le violon, l'alto, le violoncelle ou la contrebasse) avec les doigts, au lieu d'utiliser l'archet. (Source Wikipédia)
Mesures 7 à 16 : faire plusieurs fois chaque reprise, pizz et tout l'archet
Pose des doigts, puis 1er et 3ème permettant ainsi de bien sentir que votre pouce et bien en face du majeur et enfin 1-3 et 4ème doigt jusqu’au n°16.
Pour terminer cette première leçon l'exercice s’intitule « Ne pas lever les doigts pour jouer sur la corde de Sol »
Les plus aguerris on compris qu'il s'agit d'un travail de la main gauche et de main droite. Il est important de comprendre ici que le premier doigt (l'index _ quoique, en réalité, c'est le couple pouce-index) sera le futur garant de la position, de la justesse et retenez bien ce précepte cher à Feuillard: le premier doigt commande tout.
En une page à l'apparence simple, on est passé du premier coup d'archet, en tirant, (ce qui est une spécificité des instruments du quatuor) aux premières notes avec la main gauche, avec la notion de gamme qui est sous-entendue.
La méthode ne donne aucune indication pédagogique: elle propose de exercices, mais c'est au le professeur d'en transmettre le sens. La méthode est un support, non un mode d'emploi.
En cours de réalisation... 09 09 2026